Notre intervention sur le projet de la Chambre Régionale des Métiers le 16 novembre 2017

Intervention sur le projet de mandature de M. Chauou William

à l’Assemblée Générale de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat de Bretagne

Président d’Artisans d’Ille et Vilaine

Rennes le 16 novembre 2017

Chères et chers collègues Depuis un an nous sommes élus. Depuis un an les artisans attendent de nous des réponses et des solutions sur leurs préoccupations. Depuis un an les salariés de la Chambre attendent de nous une direction et un avenir clair. Depuis un an les élus politiques se demandent ce que nous faisons et ce que nous voulons. Depuis un an l’administration d’état s’interroge à notre place sur notre avenir réglementaire. Depuis un an nous sommes attendus mais l’attente est vaine, nous sommes incapable de répondre à qui que se soit, car nous n’avons ni projet partagé, ni vision prospective, ni envie de réussir ensemble la mutation nécessaire de notre institution.   Ma critique n’est pas que sur le niveau régional de notre réseau, il faut également s’interroger sur le niveau national. Dans le mail que je vous ai envoyé, à tous il y a quelques jours, je pointe l’absence symbolique du mot ARTISAN dans le projet de l’Assemblée Permanente des Chambre des Métiers. Ce noble mot « ARTISAN » est remplacé par ENTREPRISE ARTISANALE. C’est montrer le peu d’intérêt réservé par l’APCM aux FEMMES et aux HOMMES  Artisans, la source de notre activité économique. C’est une vision partisane de notre secteur d’activité que je ne partage pas, et je ne pense pas être le seul. C’est un pas volontaire ou maladroit, vers la probable fusion avec le réseau des CCI, j’en parlerai un peu plus loin.   Mais aujourd’hui, ce que je développe, c’est bien une contestation des orientations politiques, et une contestation du projet global régional de notre Chambre. Notre manque d’ambition est criant ! Ce projet de mandature qui nous est présenté, ce n’est rien d’autre que des promesses, des mensonges et du vent. Un constat que la mort à petit feu de notre institution n’émeut pas nos dirigeants, à part quelques belles promesses, quelques formules récitées comme des automates,  rien, rien de concret, même pas l’once du début d’un changement, d’un véritable changement de trajectoire. Je pourrais ironiser : « Le mur est devant nous, ne changeons rien »   Prenons quelques exemples : Dès le départ il est annoncé dans le projet: « c’est une méthode basée sur la co-construction » Là je découvre une promesse et rien d’autre. La preuve : les conditions d’écriture de ce projet. Un projet écrit en petit, très petit comité, soumis, je dirais plutôt imposé au bureau régional, un projet très contesté en commission régional, et aujourd’hui nous avons à peine 2 minutes pour en débattre, et surtout aucune autre alternative. Bref sous des mots pompeux et dans l’air du temps, une vaste entourloupe.   Un peu plus loin, ce projet parle des « Valeurs de l’artisanat ». Elles ne sont pas énoncées, tellement cela semble aller de soi. L’une des valeurs connues et reconnues des Artisans c’est la solidarité, j’entends même dans nos réunions régionales parler de « Communauté Artisanale ». Par exemple, voici le nom d’un collègue Artisan breton: Vincent Martin, il est plombier à Lanhéden, dans les côtes d’Armor. Beaucoup d’entre vous n’ont pas entendu parler de lui. Il a malheureusement fait parler de lui le 8 octobre de cette année. Sa camionnette a explosé devant chez lui. Il sort miraculeusement vivant de cet accident, mais il a tout perdu dans l’explosion, même sa maison. Alors, si nous avons des valeurs, si nous savons ce que veux dire « Solidarité »,  qu’avons-nous fait nous pour aider Vincent ? Un geste, une action, quelque chose pour lui, sa femme et ses filles. Ne devenons pas des machines administratives déshumanisées ! Nous « élus Artisans de Bretagne » devons être plus soucieux de tous nos collègues. J’apporte de nouveau mon soutien à Vincent et sa famille dans leur reconstruction familiale et professionnelle.   Cela ne m’étonne même plus que nous ne pensions pas à un artisan individuellement, pour ce qu’il est ou ce qu’il représente, car comme pour le projet national le mot « ARTISAN » disparaît du projet régional. Un simple exercice, remplacer les termes « Chambres de Métiers et de l’Artisanat de Bretagne », par « Bancaire de Bretagne » et « Artisanat » par « Agence » et là tout s’éclaire, c’est un projet techno, écrit pas une technostructure, sans âme ni identité, à des kilomètres de l’Artisanat et des Artisans bretons.   Parlons du fond La seule mission de nos Chambres Consulaires qui n’est pas en concurrence avec d’autres organismes c’est la tenue du répertoire des métiers, pour toutes nos autres actions nous ne sommes plus les seuls à proposer ces services. Qu’elles soient réglementaires ou à notre initiative : la formation, la création d’entreprise, la transmission, l’aide à l’export, etc.….. Toutes ces opérations ont un coup financier. À l’heure des réductions des aides financières des collectivités, nous devons faire des choix. Où sommes nous les plus pertinents?  Où sommes nous les plus légitimes ?   Sur la création d’entreprise nous sommes l’un des multiples interlocuteurs. Notre rêve serait que tous les artisans passent par nos CMA, pour leurs projets et leurs démarches. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, nous n’en avons ni les moyens humains, ni les moyens financiers, pour accueillir et consacrer du temps individuellement a tous les porteurs projets. Avec les CCI, les boutiques de gestions, les experts comptables, parfois les collectivités locales….nous sommes tous à nous concurrencer les uns les autres sur un même public. A quoi bon se battre les uns contre les autres alors que nous devrions organiser autrement ce passage obligé des futurs artisans : un vrai interlocuteur unique, un pool d’accueil, travailler en délégation… il faut imaginer et s’ouvrir à d’autres solutions.   Sur la formation initiale, un rappel du texte législatif : « le président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat organise sur son territoire les formations des Métiers de l’Artisanat » Organiser ce n’est pas obligatoirement réaliser. Le choix a été fait par les anciens élus, il y a plus d’un demi siècle, que nos Chambres de Métiers délivreraient des formations initiales et continues. D’abord en accueil local dans des locaux communaux ou associatifs. Puis chaque CMA s’est équipée de bâtiment pour accueillir les apprentis et les professionnels en créant sur nos territoires des Centre de Formation. Le champ concurrentiel de la formation des années 50, n’est pas celui d’aujourd’hui. Nos Centres de Formation sont faces à d’autres acteurs de la formation : Chambre de Commerce, Education Nationale, Compagnons du devoirs, GRETA, Centres de Formation des organisations professionnelles, écoles privée etc. Pourtant nous ne disons rien ou si peu, quand l’éducation nationale ouvre sans nous prévenir des sections d’apprentis, nous ne disons rien ou si peu, quand de pseudos organismes ouvrent des formations touchant nos métiers, nous ne disons rien ou si peu quand les Chambres de Commerce et d’Industrie ouvrent de formations dans nos métiers. Quand le Greta ouvre des formations sans plateau technique alors que nos plateaux techniques sont disponibles, il faut que cela change. Loin de moi l’idée de leur interdire de faire de la formation, mais a tout le moins discutons, construisons ensemble les formations, il en va de l’intérêt général. Aujourd’hui le choix d’un apprenant pour telle ou telle filière de formation, ne dépend que de son niveau scolaire ou des relations de ses parents. Tous ceux parmi vous, qui comme moi, avez eu des apprentis ou qui avez été apprentis, savent bien qu’il y a d’autres paramètre à l’intégration d’un jeune ou d’un adulte dans une activité professionnelle : sa capacité d’écoute, sa gestuelle, sa maturité personnelle, son environnement familial et tant d’autres paramètres. Un nouveau discours depuis quelques années reproche à l’apprentissage en alternance, son taux de rupture de contrat. D’abord une séparation n’est pas toujours un échec ! L’important c’est la reprise d’une activité pour la personne en formation. Et puis il faut le dire, l’orientation scolaire est trop souvent faite de façon partisane en faveur des lycées professionnels. Les choix des orientations sont faits pour remplir des établissements scolaires, et non associer un jeune à une formation pédagogique. Bref on préfère des classes pleines à des têtes et des mains bien formées. Mais il faut construire avec les autres acteurs de la formation des parcours d’apprentissage professionnel, c’est dans l’intérêt de nos financeurs que sont la Région et le fond de formations pour moins de redondance dans les formations, et moins de formations sans débouché. N’ayons plus peur de dire fortement à la Région Bretagne, notre désaccord sur le financement de telles ou telles formations, les bons amis se disent tout, même les désaccords, ils n’en restent pas moins bons amis.   Depuis le mois de mai, nous savons que la question de l’apprentissage, va devenir un sujet d’actualité législative. Nous sommes bien placés pour avoir un avis et des propositions sur une évolution législative de la formation initiale. Nous avons des commissions départementales et régionales de la formation, commissions obligatoires par nos statuts. Les artisans maîtres d’apprentissage, sont le plus important groupe de formateurs professionnels, avec le meilleur taux d’insertion, en comparaison des autres méthodes professionnelles de formations initiales. Pourtant, nous n’aurons aucune proposition initiée par les artisans bretons pour les législateurs. Nous avons perdu l’occasion de travailler à un projet mobilisateur pour de nombreux Artisans.   Vous me direz il y a les syndicats professionnels pour cela. Je ne suis pas d’accord ! D’abord le taux de syndicalisation est très faible, moins de 20%, et que fait on des professions qui n’ont pas d’organisation professionnelle ? Un seul exemple : les food-trucks, un nouveau métier de l’artisanat, Il n’est plus rare de voir des food-trucks posséder une cuisine centrale pour fabriquer leurs repas. Savez vous que leur code NAF leur interdit d’avoir des apprentis ? Car avoir ou ne pas avoir des apprentis peut dépendre de votre code NAF.  Ou va t on ?   Mais on ne peut parler de la Chambre des Métiers Régionales sans aborder son organisation interne. Allons vers la régionalisation totale, ne perdons plus de temps !   Je n’oublie pas que je suis paimpolais  La proximité que nous devons apporter à nos ressortissants, c’est dans notre organisation que nous l’apporterons : des antennes, des centres multi accueils, des délégations, des rencontres de proximité. Des élus de Chambres formés proches de leur territoire et soutenus par l’administration centrale. Un va et vient constant entre les Artisans Bretons et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, tout est à construire, tout est à inventer.   En janvier,  de nouveau les députés aborderont la fusion des CMA et des CCI. Un nouveau rapport, avec très probablement les même conclusions que les précédents rapports. Si d’un point vu comptable, une telle fusion peut amener des économies d’échelles, rien n’est moins sur. Pourquoi en 1925 les députés votent la loi Couturier qui instaure la création des Chambres de Métiers : C’est pour répondre à une demande des Artisans et un souhait de politique publique. Les Artisans ne se sentent pas représentés dans les Chambres de Commerce, et l’Etat veut développer l’apprentissage. La création des Chambres de Métiers répondra aux deux objectifs   Un siècle plus tard, les temps ont-ils changés ? 1) L’Etat veux de nouveaux augmenter le nombre d’apprentis. 2) les Artisans veulent aussi avoir une représentation institutionnelle.   Nous sommes la première entreprise de France, nous sommes la plus importante cohorte de  formateurs professionnels, nous sommes présent sur tous les territoires, nous sommes pour beaucoup le derniers service « au » public des petites communes et parfois même le dernier employeur privé.   Pour mémoire L’histoire des Chambres des Métiers est longue et compliquée, comme l’histoire de l’Artisanat. Avant les Chambres de Métiers, les Artisans ont toujours cherchés à s’organiser en une collectivité professionnelle, des Collèges romains, aux syndicats d’aujourd’hui, en passant pas les guildes ou les corporations. Les révoltes ont été régulières et nombreuses. La plus sanglante, en avril 1789 : la révolte des artisans et de leurs compagnons au faubourg St Antoine à Paris. La plus récente dans les années 1970 le CIDUNATI qui ira à Rennes en 1972  jusqu’à l’incendie du centre commercial Alma et la dévastation de la Chambre des Métiers d’Ille et Vilaine. Le CIDUNATI se présentera aux élections des Chambres de Métiers et gagnera plusieurs départements, cela a canalisé  les colères.   Si il y a fusion des réseaux, quel poids pour les métiers artisanaux ? Une profession en difficulté de recrutement d’apprentis, comme le fut la boucherie ou la couture, verra t-elle ses moyens financiers baisser ou augmenter pour passer cette période difficile. Quelle place pour les Artisans des Métiers d’Art ? Sur la représentation des Artisans, c’est la même chose, la moitié des Artisans travaille seule, Il leurs est déjà difficile de prendre du temps pour exercer un mandat consulaire. Noyés dans une assemblée de chefs d’entreprises différents, abordant des sujets et préoccupations différents, quelles motivations trouveront-ils ? Les Chambres de Commerces et d’Industries sont de bons amis, nous travaillons et travaillerons ensemble sur plusieurs dossiers comme la revitalisation des centre bourgs et centres-villes. Nous devons porter ensemble des avis comme sur les SCOTs, les PLU et PLUi, mais nous avons nos spécificités un artisan travaillant seul comment percevra-t-il les interrogations d’un directeur Général d’une entreprise comme Canon, PSA, ou Le Duff et inversement ? Dans ma vie personnelle,  j’ai également de bons amis, mais je ne me marie pas avec eux   Enfin je ne vais pas finir sans dire un mot sur la situation du secrétaire général de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat de Bretagne. Sur proposition du président le bureau a voté le licenciement du secrétaire général. Nous prenons acte, tout en saluant la probité et loyauté du secrétaire général de la CRMAB dans son travail.
  1. Le Président quelle va être la suite ?
Chacun doit prendre ses responsabilités, dans une Chambre des Métiers. Comme dans toutes assemblées d’élus, il faut distinguer les décisions politiques faites par les élus, et l’administration qui conseille, propose des choix, fait respecter la légalité des décisions politiques et met en œuvre les politiques votées par l’Assemblée Générale et les directives du Bureau. La nature a horreur du vide, quand l’administration n’a plus de directive politique, quand l’administration ne sent plus de « chef » au dessus d’elle, elle prend le pouvoir à la place des élus. Cela s’appelle de l’insubordination.   Chers collègues, au moment de prendre votre décision pour le vote, pensez aux artisans que vous représentez,  seriez vous capable de leur expliquer les yeux dans les yeux, pourquoi vous avez voté POUR, pourquoi vous avez voté CONTRE, aujourd’hui l’abstention est un renoncement à votre mandat. Moi je pourrais les regarder droit dans les yeux sans baisser la tête Merci de votre écoute. Je demande le vote à bulletin secret sur le projet de mandature de la CRMA   Résultat du vote Vote du projet de mandature Inscrits : 100 Votants : 55 Contre : 9 Abstention : 4 Blanc : 1 Pour : 41  

Notre intervention sur le budget de la Chambre Régionale des Métiers le 16 novembre 2017

l’intervention sur le budget, de M. Chauou William à l’Assemblée Générale de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat de Bretagne

Président d’Artisans d’Ille et Vilaine

Rennes le 16 novembre 2017

Chers collègues La première année d’un mandat signe toujours la trajectoire du mandat, Aujourd’hui,  nous allons voter le premier budget de notre assemblée. Et cela commence mal, un budget négatif !  Quelques justifications sont avancés, mais rien de nouveau. Ah si j’oubliai « une augmentation des indemnités pour le président et le trésorier ». Une très mauvaise initiative à un moment ou notre budget était déjà négatif, qu’aucune explication ne peut justifier. Il ne faut pas oublier que notre président comme notre trésorier reçoivent une indemnité de mandat qui se cumule avec d’autres indemnités, comme leur indemnité de Président de Chambre de métiers départementale et quelques autres indemnités. Bref comme ont dis chez nous: « ils ne sont par à la rue »   Un mot sur le droit additionnel à la CFE, taxe à laquelle sont assujetti tous les artisans bretons. Cette année le montant est à 86%, malgré l’écrêtement de l’état sur nos ressources liées à cette taxe, malgré un discours des présidents des CMA, il y a encore quelques mois, pour une réduction de cette taxe, encore une fois des mots . Aujourd’hui en votant ce budget, c’est comme si nous nous décidions de prélever un  impôt supplémentaire sur les entreprises artisanales. Un impôt qui sera directement versé à l’état. Cet état à qui nous reprochons pourtant de prélever trop d’impôt. Je n’y comprends plus rien, c’est de la Schizophrénie.   Pour notre budget, chaque année nos ressources se tarissent, chaque année des économies sont faites pour approcher de l’équilibre, et chaque année nous recommençons le même exercice, baisse/économie, jusqu’ou irons nous? Aucune perspective de nouvelles ressources crédibles, aucuns investissements nouveaux pour justement trouver de nouvelles ressources.   Votons contre ce budget négatif dans ses comptes. Négatifs pour l’artisanat bretons, Négatifs pour l’avenir des artisans bretons.   Merci de votre écoute   Pour le vote du budget et des indemnités des élus, je demande un vote à bulletin secret. Résultat des votes Vote du budget prévisionnel 2018 Inscrits 100 Votants : 65 Contre : 17 Pour : 48   Vote des indemnité du président et du trésorier Inscrits 100 Votants : 63 Contre : 20 Pour : 43